Les cours de l’or ont augmenté pour la troisième séance consécutive, atteignant un plus haut de deux semaines. Cette hausse intervient dans un contexte d’atténuation des craintes d’inflation, sur fond de signes d’un possible accord de paix entre les États‑Unis et l’Iran, ainsi que d’un affaiblissement du dollar.
Jeudi, le prix de l’or au comptant a progressé de 0,9 % pour atteindre 4 734,28 $ l’once à 11 h 18, heure de Londres. Les contrats à terme sur l’or pour livraison en juin ont gagné 1,0 % à 4 742,90 $ l’once. Mercredi, le « métal jaune » avait déjà bondi de plus de 3 % (sa plus forte hausse quotidienne depuis la fin mars), sur fond de forte chute des prix du pétrole, les anticipations d’un apaisement des tensions au Moyen‑Orient s’étant renforcées.
Le principal moteur de la hausse de jeudi est l’optimisme quant à une résolution diplomatique entre Washington et Téhéran. « Le marché marque une pause, les traders attendant d’y voir plus clair sur la voie diplomatique entre les États‑Unis et l’Iran, tandis que Téhéran étudie une nouvelle proposition qui pourrait ouvrir la voie à la réouverture du détroit d’Ormuz », a déclaré Neil Welch, responsable du département métaux chez Britannia Global Markets.
Selon plusieurs informations, l’Iran envisagerait une nouvelle proposition américaine visant à mettre fin à un conflit qui dure depuis plus de deux mois, malgré la menace persistante du président Donald Trump de reprendre les frappes si l’accord n’est pas mis en œuvre. Washington et Téhéran travaillent, avec des intermédiaires, à un accord‑cadre en 14 points pour relancer les négociations en vue d’un accord de paix durable, rapporte The Wall Street Journal.
Ces discussions devraient débuter la semaine prochaine au Pakistan. La publication ajoute que ce processus, qui doit durer un mois, se concentrera ensuite sur le règlement des différends concernant les ambitions nucléaires de l’Iran et la levée des sanctions, même si des désaccords majeurs subsistent sur des questions comme l’enrichissement d’uranium et les inspections.
Le président Trump a déclaré mercredi après‑midi que les États‑Unis avaient « remporté » la guerre et que les négociations avec Téhéran avaient été « très bonnes » au cours des dernières 24 heures. D’après CNN, l’Iran devrait remettre sa réponse à la proposition américaine aux intermédiaires d’ici jeudi.
La forte baisse précédente des prix du pétrole a également accru l’attrait de l’or. Le choc énergétique provoqué par la fermeture du détroit d’Ormuz avait ravivé les craintes d’inflation.
Ces inquiétudes ont renforcé les anticipations d’un durcissement de la politique monétaire de la part des banques centrales, y compris de la Federal Reserve, ce qui exerce traditionnellement une pression sur les actifs à faible rendement comme l’or. Toutefois, la baisse des prix de l’énergie atténue en partie ces risques d’inflation. « De possibles reculs des prix de l’énergie donnent à la Fed davantage de marge pour réduire les taux, ce qui est positif pour l’or », ont souligné les analystes d’ING.
La chute des rendements des Treasuries américains et l’affaiblissement du dollar ont également rendu l’or plus attractif pour les acheteurs étrangers. Le dollar, qui avait récemment servi de valeur refuge relative dans le contexte du conflit avec l’Iran, a perdu du terrain à la faveur de signes de désescalade, poussant les investisseurs à revenir vers les actifs risqués et soutenant la demande pour le métal précieux.
Ce qui est important pour les traders :
- Or au comptant : 4 734,28 $ l’once (en hausse de 0,9 % à 11h18, heure de Londres).
- Contrats à terme juin : 4 742,90 $ l’once (en hausse de 1,0 %).
- Facteur directeur à moyen terme : évolution des négociations entre les États-Unis et l’Iran (proposition de cadre en 14 points ; discussions attendues la semaine prochaine au Pakistan).
- La baisse des prix de l’énergie réduit les pressions inflationnistes et atténue les anticipations de resserrement de la Fed.
- Ralentissement de l’inflation, recul des rendements et attrait accru de l’or.
- Les marchés attendent le rapport sur les Nonfarm Payrolls de vendredi pour obtenir de nouveaux signaux quant à la trajectoire des taux d’intérêt de la Fed.
Ainsi, l’or bénéficie d’un soutien provenant d’une combinaison de nouvelles diplomatiques, de la baisse des prix du pétrole et de la faiblesse du dollar. Les traders doivent suivre de près l’évolution des négociations entre les États-Unis et l’Iran, la dynamique des prix du pétrole, les mouvements de rendement et les données sur l’emploi américain. L’ensemble de ces facteurs influencera l’évolution à court terme du cours de l’or dans les prochains jours.